Vrai boulot / bon boulot / sale boulot

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Alexandra Bidet, chargée de recherche en sociologie au CNRS, Centre Maurice Halbwachs (CNRS-EHESS-ENS)
Sébastien Chauvin, assistant professor en sociologie à l’université d’Amsterdam et chercheur à l’Institute for Migration and Ethnic Studies

Conférences présentées par Karel Yon, sociologue à l’université Lille 2, chercheur au CERAPS (UMR 8026)

Printemps des SHS 2012PRINTEMPS DES SHS 2012 - QUE FAIRE DU TRAVAIL ?

Conférences présentées par Karel Yon, sociologue à l’université Lille 2, chercheur au CERAPS (UMR 8026).

Alexandra Bidet, chargée de recherche en sociologie au CNRS, Centre Maurice Halbwachs (CNRS-EHESS-ENS)
Ces cinquante dernières années ont vu l’épuisement des représentations mécanistes du travail, issues du laboratoire industriel du XIXe siècle. De nouvelles figurations se cherchent aujourd’hui pour mettre en mots, en images, en récits, en critiques le travail. Pour nous aider à suivre leur genèse, mon ouvrage L’Engagement dans le travail. Qu’est-ce que le vrai boulot ? se propose de combler un angle aveugle : la sociologie n’a guère étudié les formes d’engagement actif des personnes dans leur travail. Or ces moments sont créateurs de valeurs, de normes et d’appuis critiques. En replaçant la technique et la créativité au cœur du travail, la catégorie de «vrai boulot» aide aussi à saisir les épreuves caractéristiques des milieux de travail contemporains, marqués par une obsolescence accélérée des techniques et une plus grande labilité des formes organisationnelles : elle donne à voir l’exigence ordinaire de continuité et de cohérence de l’expérience.
A. B.

Sébastien Chauvin, assistant professor en sociologie à l’université d’Amsterdam et chercheur à l’Institute for Migration and Ethnic Studies
Journaliers à l’usine
À partir d’une enquête de terrain comme journalier industriel dans la région de Chicago, l’intervention aborde les paradoxes du travail en usine pour des salariés, souvent sans-papiers, qui y sont employés par l’intermédiaire d’agences. Sur des chaînes  très peu automatisées pour lesquelles les entreprises font venir trop de journaliers, les plus précaires doivent dissimuler de longs moments de vide et « mimer » le taylorisme pour garder leur emploi. Le « sale boulot » n’y est pas nécessairement le plus répétitif : il consiste notamment dans l’imposition d’une série de tâches imprévisible. En l’absence d’embauchés directs, les journaliers les plus anciens dans l’usine s’approprient les tâches les plus continues, celles où l’on peut s’« oublier », et se posent en figures de l’avenir pour les nouveaux. Toutefois, ironie de ce mode de mobilisation de la main-d’œuvre, l’emploi massif, durable et régulier de journaliers oblige à les traiter « en masse » et interdit le recours des directions aux formes les plus extrêmes de flexibilité.
S. C.


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